Biographie de John Fitzgerald Kennedy : famille, homme, lieutenant et président

  Qui était John Fizgerald Kennedy ? Souvent, l'image que laissent transparaître les personnalités (politiques ou autre) diffère de la réalité. Qu'en est-il du trente-cinquième président des États-Unis ? Sans surprise, il ne déroge pas à la règle. En fait, si l'on devait établir un classement des "VIP" dont le comportement privé s'oppose radicalement au comportement public, JFK occuperait très certainement une des plus hautes marches du podium. Analyse de sa vie, de l'homme et du président qu'il était, à partir du livre de Thomas C. Reeves Le Scandale Kennedy – La fin d'un mythe.


Les Kennedy : une famille en acier

  La famille Kennedy n'avait qu'un seul mot d'ordre : gagner. Sans victoire, point de plaisir ni d'honneur. Il en allait de même pour la famille Fitzgerald : peu importait le prix à payer, peu importait à qui cela pouvait nuire, il fallait vaincre et obtenir ce que l'on désirait (JFK déclarera plus tard : "L'art de réussite consiste à savoir s'entourer des meilleurs." et "Un homme fait ce qu’il a à faire malgré les conséquences sur sa vie, les obstacles, les dangers et la pression ; c’est la base de toute morale humaine."). Les enfants Kennedy (par ordre de naissance : Joseph Patrick Jr., John Fitzgerald, Rosemary, Kathleen, Eunice Mary, Patricia, Robert Francis, Jean Ann et Edward Moore) furent élevés comme cela, dès leur naissance. C'est un peu comme l'apprentissage d'une langue : pendant nos premières années de vie, nous enregistrons tous les jours des mots ; les Kennedy, eux, ont également appris par cœur le leitmotiv de la victoire. De même qu'il est vital de manger, il fallait, pour les Kennedy, être premier. C'était un principe de base. La deuxième place n'avait absolument aucun intérêt. Les déclarations d'Eunice permettent de se faire une idée de cet état d'esprit : « Ce n’est qu’à vingt-quatre ans que j’ai compris que je n’étais pas obligée de remporter une victoire tous les jours ». Les visions intellectuelles, philosophiques ou morales n'avaient pas lieu d'être ; en politique, comme dans le reste de la vie, l’important, c’était de gagner. Le père, Joseph Patrick (que nous appelerons dans la suite de ce dossier Joe) rappelait régulièrement à ses enfants : « Ici, nous voulons des vainqueurs. Nous ne voulons pas de perdants ». Aussi, quand Rosemary (la première fille des Kennedy) – qui souffrait d'un retard mental – subit une lobotomie (opération chirurgicale consistant à sectionner des fibres nerveuses du lobe frontal du cerveau) à l'âge de 23 ans qui la saccagea mentalement, elle fut ni plus ni moins reniée par la famille. C'était une perdante. Elle n'existait plus. Elle fut cachée des yeux du monde dans un couvent, et fut interdite de visite jusqu'en 1995.

 

  Les Kennedy adoraient jouer au football américain, soit en famille, soit avec des invités. Ces derniers devaient donner leur maximum, tout en laissant bien entendu les Kennedy gagner. Un convive qui se plaignait d'avoir mal s'attirait immanquablement les foudres de la famille toute puissante. Il lui était également interdit de critiquer le jeu des Kennedy. En outre, les invités subissaient un constant persiflage : « Cela commençait dès que vous arriviez, raconte un visiteur. Vos vêtements, votre façon de parler, tout y passait : rien n’était sacré. On avait l’impression d’être constamment picoré par une bande de poulets ».

  Mais la compétition se retrouvait également au sein même de la famille, notamment entre les garçons, qui en venaient parfois aux mains. Joe, le premier des enfants Kennedy, semblait trouver un malin plaisir à s'acharner sur son frère John. Au football, il se plaisait à lui envoyer le ballon en plein dans l’estomac et était ravi de la voir se tordre de douleur.

 

  Si, comme nous l'avons dit dans le paragraphe précédent, il était défendu aux invités de se plaindre, la règle était la même entre les Kennedy. Pour citer Thomas C. Reeves : « Un jour, un des enfants qui s’était fait mal vint se faire consoler par sa mère et se laissa tomber aux pieds de celle-ci. “Debout !” ordonna-t-elle. Le garçon se releva et se mit au garde-à-vous. “Voilà qui est mieux, dit-elle. Maintenant, retourne dehors et comporte-toi comme tu sais que tu dois le faire”. »

  On comprend donc parfaitement que la relation parents / enfants n'avait rien d'affective. C'est à peine si on peut qualifier Joe et Rose de parents. On pourrait légitimement préférer "précepteurs". Il n'est donc pas étonnant que Joe Jr. se soit rendu de temps en temps chez des amis dont les parents étaient présents et disponibles pour discuter avec les jeunes. Comme le confia plus tard JFK à un proche, « ma mère était soit à Paris pour assister à un défilé de mode, soit à genoux dans une église. Elle n’était jamais là quand nous avions vraiment besoin d’elle… Ma mère ne m’a jamais embrassé et serré dans ses bras. Jamais ! Jamais ! »

  Si l'impératif des Kennedy – qui était au final devenu basique, élémentaire pour eux – était la victoire, l'objectif imposé n'en était pas moins prétentieux : la présidence des États-Unis. Rien que ça ! Le père, Joe, n'y allait pas par quatre chemins : le fils aîné, en l'occurrence Joe Jr., deviendrait président des États-Unis. La métaphore de la langue s'applique là encore : à force de nous répéter des mots, nous les enregistrons ; à force de répéter aux enfants Kennedy qu'ils accéderont à la présidence du pays le plus puissant du monde (et non ne postuleront pour), ils l'enregistrent également. Ce n'est pas de la prétention. C'est tout simplement établi. C'est un fait, on ne peut rien faire contre. Pour nous, c'est stupéfiant (on peut imaginer ce qui se passa dans la tête du camarade de chambre de Joe Jr. lorsque celui-ci déclara sans se troubler qu’il serait le premier président catholique des États-Unis) ; pour eux, c'était évident. La mort tragique de Joe Jr. ne bouleversa pas pour autant les plans du père : le "premier fils aîné" étant mort, au "nouveau" de prendre le relai, même si celui-ci n'en était pas particulièrement enchanté. C'est ainsi que tous les regards se tournèrent dès lors vers John. Les Fitzgerald n'envisageaient pas un futur pour ce dernier différent de celui espéré par les Kennedy : au cours d'une soirée réunissant les deux familles, John Francis Fitzgerald, le grand-père maternel des enfants Kennedy, porta un toast « au futur président des États-Unis » ; tous les convives levèrent leur verre. Il n’y avait dans son ton aucune trace d’humour ou de légèreté.

  Tous les enfants Kennedy, et plus particulièrement l'aîné, c'est-à-dire, depuis la mort de Joe Jr., John Fitzgerald, étaient conditionnés, ce que ce dernier ne chercha d'ailleurs nullement à cacher. Comme l'explique Thomas C. Reeves, il admit ainsi « qu'il participait à ce marathon uniquement à cause de son père : “Parfois, nous sommes tous obligés de faire des choses que nous n’avons pas envie de faire”. Pendant un rare moment de découragement, il avoua à un groupe de collaborateurs : “Je n’ai fait que prendre la place de Joe. S’il était encore en vie, je ne me serais jamais engagé dans cela”. » Ainsi, « un après-midi, alors qu’ils prenaient un bain de soleil, un ami de John lui demanda pourquoi il voulait devenir président. Sans ouvrir les yeux, John répondit : “Je suppose que c’est ma seule option”. »

 

 

JFK : jeunesse, âge adulte, homme

Une lutte contre la maladie qui prit fin le 22 novembre 1963, à 12h30

  Si de nombreux reproches, pour la plupart méconnus du grand public, peuvent être fait à John Kennedy, on ne peut, en revanche, que s'incliner devant une qualité dont il fit preuve toute sa vie durant : le courage.

  Dès sa plus tendre enfance, il dut lutter contre un nombre incalculable de maladies. Comme l'explique Reeves, avant même d'avoir atteint l'âge de trois ans, JFK avait déjà eu la scarlatine, la coqueluche, la rougeole et la varicelle. À onze ans, la rubéole et plusieurs bronchites s'ajoutèrent à sa "vitrine". En 1931, il subit une appendicectomie (ablation de l'appendice) et commença à porter des lunettes qu'il s'efforcera de cacher aux journalistes tout au long de sa carrière de politicien (les photographies le montrant avec ses lunettes sont très rares). N'oublions pas de mentionner l'asthme dont il souffrait et sa grave allergie au poil de chien, ainsi que l'opération des amygdales et des végétations qu'il subit en 1933.

  Les maladies, bénignes ou dangereuses, se succédaient en effet à vitesse V : des rhumes aux oreillons en passant par le ganglion enflé, un urticaire et un affaissement de la voûte plantaire... sa santé n'était pas très stable, c'est le moins que l'on puisse dire. Cependant, d'après son frère Robert, John ne s'était jamais plaint ou apitoyer sur son sort (bien que l'on puisse légitimement se méfier des déclarations des Kennedy (propagande, éloges...), il semble cependant que cette affirmation soit justifiée).

 

  Mais la maladie dont John souffrit jusqu'à la fin de sa vie fut celle d'Addison, une insuffisance chronique des surrénales, qui se traduit par une faiblesse générale, un manque d'appétit, une perte de poids et une pigmentation jaunâtre ou brunâtre de la peau. Cette maladie, bien souvent fatale à l'époque, fut diagnostiquée pour la première fois en 1947. JFK était en voyage en Irlande lorsque, la douleur, devenue insupportable, le contraignit à se rendre à Londres pour se faire hospitaliser. Un médecin avoua à une amie de John : "Votre jeune ami américain a moins d'une année à vivre." Il fut rapatrié à New York sur le Queen Mary. Arrivé au port, un prêtre monta à bord et lui administra l'extrême-onction. JFK ne décéda pas pour autant. Des médecins lui prescrirent du DOCA, une substance permettant de réduire la douleur. En automne de cette même année, Kennedy, qui siégeait alors au Congrés, faillit succomber de nouveau à la maladie. 

  En 1949, combinée au DOCA, il commença à prendre quotidiennement de la cortisone par voie orale qui, au final, était devenue vitale. Les Kennedy prirent soin de placer du DOCA et de la cortisone un peu partout dans le pays (dans des coffres de dépôt), pour soigner JFK en urgence au cas où une crise se déclarerait alors qu'il serait en déplacement. Inutile de préciser que les Kennedy et leurs collaborateurs remuèrent ciel et terre pour dissimuler le plus possible les faits, un candidat à la présidence en mauvaise santé risquant de perdre de nombreuses voix. Ainsi, lorsque, en 1959, un journaliste à qui il avait accordé une interview l'interrogea sur sa santé, Kennedy répondit : "Voici les faits : pendant la guerre, j'ai contracté le paludisme dans le Pacifique Sud, ainsi que diverses fièves, et je suis resté trop longtemps dans l'eau (précision ramenant son image de héros sur le devant de la scène). Le diagnostic a montré que ces ennuis étaient accompagnés d'une insuffisance partielle des surrénales (qui, en réalité, était très loin d'être partielle) (...) De 1946 à 1949, j'ai suivi un traitement pour le paludisme – les accès de fièvre avaient cessé – qui a abouti à une guérison totale, et je n'ai pas eu besoin de soins médicaux ni de bilan de santé particulier à cet égard, tout en respectant un calendrier très chargé de réunions de comités, de travaux au Sénat et d'allocutions." Cette dernière remarque était dénuée de toute vérité. En réalité, JFK manqua de nombreuses séances à la Chambre des Députés : « pendant la troisième session, écrit Reeves, il était l'un des quatre membres les plus souvent absents" (un de ses collègues de la commission de l'Éducation et du Travail déclara : "Parfois, nous n'avions pas le plaisir de la compagnie de John pendant des mois d'affilée.")

  Cependant, les adversaires de Kennedy n'étaient pas dupes. Ils essayèrent d'en tirer profit. Parmi, Lyndon Johnson (Johnson était démocrate mais, comme pour le Parti socialiste en France, il y a des primaires qui permettent de choisir le candidat qui représentera le parti. Ici, les deux candidats étaient JFK et LBJ). En juillet 1960, India Edwards, une assistante de Johnson, affirma que Kennedy "ressemblait à un bossu qui boitait" et ajouta : "Des médecins m'ont affirmé que, sans la cortisone, il ne serait plus en vie" (ce qui est d'ailleurs probable). En guise de réponse, Ted Sorensen, un collaborateur de JFK, affirma que ce dernier n'avait jamais pris de cortisone et ajouta trois semaines plus tard : "Pour autant que je sache, il ne prend pas davantage de médicaments que vous ou moi." Kennedy fut même plus clair : après les élections, il déclara tout simplement : "Je n'ai jamais été atteint de la maladie d'Addison."

 

  Kennedy devait prendre tous les jours des bains chauds et dormir avec une planche sous son matelas. Parfois, notamment à la Maison Blanche, il passait la nuit à même le sol.

  Quelques années plus tard, en déplacement au Japon, sa maladie d'Addison le rattrapa : il tomba gravement malade (sa température monta à 41°C) et les probabilités de le sauver étaient faibles. Mais, une fois de plus, il survécut.

  Son état se détériora particulièrement à partir de 1953 et ne s'améliora pas pendant un bon bout de temps, à tel point qu'il fut contraint de porter des béquilles à partir de mai 1954. Comme pour ses lunettes, il s'efforçait de ne pas les utiliser en publique (quelques vidéos le montre cependant avec). Aussi les utilisait-ils juste avant de faire une intervention, et, contractant le dos, s'en débarrassait une fois devant l'audience.

  Vers la fin de l'année 1954, les souffrances étaient devenues intolérables : c'est à peine s'il pouvait marcher, même avec les béquilles. Il avait perdu dix-huit kilos. Il fut admis au New York Hospital for Special Surgery le 10 octobre, et fut opéré le 21. L'opération, une double fusion extrêmement risquée, tourna mal, et une infection se déclara trois jours plus tard. Dans un état critique, JFK tomba dans le coma. Encore une fois, un prêtre lui administra les derniers sacrements. Et, encore une fois, Kennedy se rétablit.

  Moins de quatre mois plus tard (février 1955), il retourna à l'hôpital. Une nouvelle infection s'était déclarée, si bien qu'il dut se faire retirer une plaque d'argent qui avait utilisée lors de la première opération. Ce n'est pas une blague (je ne me permettrai pas de rire de ça !), mais un prêtre lui administra encore et toujours les derniers sacrements. "En vain", si j'ose dire. La mort ne semblait pas vouloir de JFK. D'après Dan Powers, Kennedy « avait dans le dos un trou dans lequel j’aurais pu enfoncer mon poing jusqu’au poignet ». Une fois sorti de l'hôpital, il partit se reposer dans la résidence des Kennedy, à Palm Beach, Floride. La douleur était toujours présente, et il ne pouvait dormir plus de deux heures d'affilée.

  On peut le comprendre, JFK était résigné et se sentait condamné. Il confia un jour au journaliste John Alsop : “Comme je suis atteint de cette maladie, ils me donnent tout le temps des médicaments. À force de les prendre, je serai fini à quarante-cinq ans (…) L’important, c’est de vivre chaque jour comme si c’était votre dernier jour sur terre. C’est ce que je fais.” D'après plusieurs témoignages, John, conscient que la maladie allait sans aucun doute l'emporter, devint plus attachant.

  

Un homme d'exception

  Du fait de l'éducation draconienne qu'il reçut tout au long de son enfance et de son adolescence, John Kennedy n'avait que très peu de relations affectives, sinon aucune, avec qui que ce soit. Chacun des enfants – et plus particulièrement les garçons – ayant reçu la même éducation, tous les hommes de la famille étaient pareils : le mot "émotion" ne faisait pas partie de leur vocabulaire. À partir de là, on ne peut être vraiment surpris par l'épisode suivant : un soir, alors que James White, attaché de rédaction au Washington Times-Herald, massait le dos de Kathleen Kennedy (ils sortaient alors ensemble), celle-ci se retourna et lui dit au bord des larmes : "Écoute, il y a une chose que tu dois savoir à mon sujet : je suis comme John, incapable de ressentir des émotions profondes".

   Cependant, vers la fin de sa vie, JFK commença à être plus affectif. Tous les témoignages confirment qu'il s'était attaché à ses enfants et se préoccupait de leur avenir. De même, il pleura (verbe qui ne colle absolument pas avec l'impérialisme Kennedy) lorsque son quatrième enfant mourut d'un syndrome de détresse respiratoire. C'est la moindre des choses pour le commun des mortels. Pas pour John. En effet, lorsque, le 23 août 1956, Arabella Kennedy, le premier enfant du futur couple présidentiel, naquit après une fausse couche de Jackie et ne survit pas, JFK, qui se trouvait alors sur un luxueux yacht dans les eaux grecques, choisit de ne pas rejoindre son épouse pour être à ses côtés. Il lui fit croire que l'information, si tragique fusse-t-elle, ne lui avait pas été transmise, du fait des mauvais moyens de communication de la région où le bateau naviguait. Mais, pour leur quatrième enfant (soit le deuxième qui décéda dès sa naissance), ce fut complètement différent. Ce drame influa fortement sur l'état d'esprit du président ("ce fut un moment atroce pour cet homme qui avait toujours su maîtriser ses émotions", témoigne le cardinal Cushing) ; pour la première fois, il se rapprocha de son épouse. Citons un passage du livre de Reeves : « Bill Walton, qui passa le week-end avec eux, raconte : "Elle s'accrochait à lui et il la tenait dans ses bras, ce que personne n'avait jamais vu, parce que c'était un couple très discret". L'adjoint du ministre de la Défense, Roswell Gilpatric, confirme : "Il y avait entre eux une tendresse grandissante... Je crois que leur mariage avait finalement commencé à marcher". »

 

  En dépit de son éducation, John savait faire preuve d'humour. Il adorait faire des farces : un jour, alors qu'il était étudiant au Choate Rosemary Hill, une école d'élite préparatoire, sa mère lui fit parvenir un cajot d'oranges qu'il s'amusa à balancer sur les autres élèves depuis sa chambre. Selon Lem Billings, son compagnon de chambre pendant deux ans (qui travaillera ensuite pour sa campagne présidentielle de 1960), "son sens de l'humour était inégalable. De ma vie, je n'ai connu un garçon aussi amusant".    

 

  Un des atouts majeurs de Kennedy était son charme. Il en était parfaitement conscient, et apprit très tôt à s'en servir pour parvenir à ses fins. Cela lui permit notamment de séduire de nombreuses femmes. D'après Reeves, « les filles se succédaient dans son lit à tel point qu’il ne se donnait même plus la peine de retenir leur prénom, les appelant simplement « chérie » ou « mignonne » le matin venu ». Les incessantes infidélités de Kennedy envers Jackie aurait pu fortement ternir l'image du président du progrès qu'il incarnait. Mais, bien entendu, les Services secrets ou la Maison Blanche s'arrangeaient toujours pour les cacher des yeux du monde. Ainsi, pour duper les journalistes, Kennedy faisait souvent venir des jeunes femmes dans des camions de fleuristes. Jackie n'était pas stupide, et avait parfaitement connaissance des actes de son mari. Probablement par "vengeance", elle trouvait un malin plaisir à l'humilier en ironisant. Par exemple, lorsqu'elle découvrit un jour de la lingerie féminine dans une taie d'oreiller, elle la tendit froidement à John en disant : “Pourrais-tu te renseigner pour voir à qui cela appartient ? Ce n’est pas ma taille”. Cependant, les services de la Maison Blanche essayaient à tout prix d'empêcher Jackie de surprendre son mari en flagrant délit. Ainsi, lorsque John se baignait (nu) dans la piscine de la "White House" en compagnie de prostituées, les gardes du corps de ce dernier devaient surveiller les déplacements de la Première dame et prévenir rapidement le président lorsque celle-ci se rapprochait de ladite piscine, pour que les jeunes femmes soient évacuées. Toujours à propos des frasques de JFK, relatons un épisode absolument incroyable figurant dans le livre de Reeves : « En dehors de la Maison Blanche, les Services secrets devaient souvent s’entourer de précautions particulières pour dissimuler les écarts de conduite présidentiels. Comme les journalistes avaient envahi l’entrée du Carlyle Hotel de New York, des agents faisaient passer le président sous le Carlyle, par une enfilade de tunnels qui conduisaient à des immeubles et des hôtels où il pouvait se distraire. “C’était une vision assez bizarre, admet Charles Spalding (ami de JFK). John, les deux hommes des Services secrets et moi marchant dans ces gigantesques tunnels sous les rues de la ville, le long de ces énormes tuyaux, chacun de nous muni d’une torche. Un des agents portait également un plan du sous-sol et disait de temps à autre : “Par ici, Monsieur le président””. »

  Mais, outre l'aspect éthique, ces écarts de conduite pouvaient s'avérer extrêmement dangereux pour le pays. Citons à nouveau Reeves : « D’après Langon Marvin, consultant, John échappa à ses agents à New York pour se rendre en cachette à une soirée. Ce faisant, il se trouva séparé de l’officier qui le suivait avec les codes nucléaires fixés à son poignet ; cette situation s’est sans soute répétée à plusieurs reprises lors des escapades nocturnes de Kennedy. “Les Russes auraient pu nous bombarder comme des fous et rentrer chez eux, souligne Marvin, et nous n’aurions rien pu faire”. »

 


Expérience littéraire, carrière militaire

Pourquoi l'Angleterre dormait

  En dépit du fait que l'avenir de JFK ait été décidé dès sa naissance par son père (à savoir la présidence des États-Unis qui, initialement, était destinée à Joe Jr.), ce n'est qu'à partir de son entrée à Harvard, en septembre 1936, que John commença à développer un intérêt pour la politique.

  En 1940, au cours de sa troisième année à Harvard, John fut chargé de rédiger une thèse. Son père lui conseilla de travailler sur la participation britannique aux accords de Munich. Aidé par une secrétaire privée (et cinq sténographes la veille de la remise du document), il acheva sa thèse "Appeasement at Munich" (cent cinquante pages) en l'espace de quelques mois et la remit le 15 mars 1940. Il obtint son diplôme avec la mention "excellent".

  Initialement, John souhaitait que sa thèse reste privée, mais son père lui "conseilla", ou plutôt lui imposa (JFK à son père : "Je ne ferai que... ce que tu juges bon.") de la publier (tout n'était que stratégie de la part de Joe : il s'agissait de préparer l'avenir politique de son fils. Comme l'ambassadeur le dit lui-même à ce dernier, "tu seras surpris de voir combien un livre qui intéresse réellement un public de qualité te servira dans les années à venir."). Elle fut envoyée à Arthur Krock, journaliste du New York Times, qui constata la présence de nombreux points à revoir, en particulier le style, que les correcteurs de Harvard avaient jugé médiocre ("J'ai remanié le texte, c'est certain ; j'étais un conseiller, et j'ai pu fournir certains matériaux surtout stylistiques, mais c'était son livre"). Krock fournit également un titre : Why England Slept (Pourquoi l'Angleterre dormait), en allusion au livre de Winston Churchill While England Slept (Pendant que l'Angleterre dormait) sorti en 1938. Comme l'explique Reeves, la date de remise du manuscrit à l'éditeur approchant à grands pas, Joe Kennedy chargea son rédacteur personnel de travailler d'arrache-pied sur le document : "J'y ai travaillé deux semaines durant, jour et nuit, pour le remettre à quatre heures du matin le jour où Eddie Moore (un employé de Kennedy" devait aller à New York pour le donner à l'éditeur. Lorsqu'on me l'avait donné, c'était un fatras bourré de fautes de grammaire. Certaines phrases n'avaient ni sujet ni verbe. C'était un travail très négligé, surtout des coupures de journaux collées bout à bout. Je l'ai remanié, et j'ai ajouté une petite conclusion." Bien entendu, la version officielle était la suivante : John avait trouvé le sujet de sa thèse seul, avait travaillé seul, et n'avait reçu l'aide de personne pour la transformer en livre.

  Le livre parut fin juillet 1940. Il fut bien accueilli. Pour Henry Luce, du Time-Life, "je ne me souviens d'aucun homme de ma génération qui aurait été capable d'écrire un livre d'un tel poids sur un sujet d'un intérêt aussi vital avant même de terminer ses études." Le père Kennedy était bien décidé à en faire un best-seller, aussi, pour citer Reeves, 'il en acheta discrètement trente à quarante mille exemplaires qu'il entreposa dans le grenier et dans la cave de sa maison de Hyannis Port (...) Au printemps 1941, quatre-vingt mille exemplaires avaient été vendus, dont la moitié en Angleterre." À seulement 23 ans, John commençait à être célèbre.


Lieutenant Kennedy

  Lorsque les États-Unis entrèrent en guerre, JFK ne fut pas réformé, et ce en dépit de ses problèmes de dos, de son asthme et de son ulcère. "Pendant son service dans la marine, John dut constamment porter un corset et dormir sur une planche", explique Reeves. Il n'en demeure pas moins que le futur président était déterminé à participer à l'effort de guerre.

  Il travailla d'abord trois mois à l'ONI (Office of Naval Intelligence), à Washington. Puis, souffrant toujours du dos, il demanda à commander un PT-boat (lance-torpilles) : le PT-101. Il souhaitait à tout prix être envoyé dans le Pacifique (nous sommes alors en décembre 1942 ; l'attaque de Pearl Harbor avait eu lieu un an plus tôt). Or, lorsque, en janvier 1943, sa vedette fut transférée en Floride, Joe Kennedy intervint : son fils fut affecté aux îles Salomon, dans le Pacifique. Il prit dès lors le commandement du PT-109.

Le PT-109 de Kennedy coupé en deux par l'Amagiri. Peinture de Gerard Richardson.

  Le 2 août 1943, vers deux heures trente du matin, alors qu'il se trouvait aux alentours des îles Salomon, le patrouilleur de Kennedy fut éperonné par un destroyer japonais, l'Amagiri. Kennedy fut projeté sur le pont et tomba violemment sur le dos, ce qui n'arrangea guère l'état de celui-ci, déjà très fragile. La plupart des membres de l'équipage (15 hommes se trouvaient à bord) furent propulsés dans l'eau. Deux d'entre eux, Harold Marney, 19 ans, et Andew Jackson Kirksey, père de 25 ans, furent tués. Kennedy, c'est suffisamment rare pour le signaler, en fut bouleversé : comme le rapporte Reeves, “c’est tout de même terrible d’avoir perdu ces deux hommes, déclarait Kennedy. L’un deux faisait partie de l’équipage depuis mon arrivée… Il avait une femme et trois gosses. L’autre gars était nouveau à bord. Il n’était lui-même qu’un gosse.”

Peinture de propagande représentant JFK en train de s'occuper de Patrick McMahon.

  Un mécanicien de quarante-et-un ans, Patrick Henry McMahon, fut gravement brûlé par une explosion. Aux alentours de midi, alors que le bateau était en train de couler, les survivants fabriquèrent un radeau. Kennedy s'occupa personnellement de McMahon, « en tenant entre ses dents une courroie de son gilet de sauvetage ». Après avoir nagé pendant quatre heures, ils arrivèrent sur un atoll.

  Une heure plus tard, JFK décida de se rendre au détroit de Ferguson dans le but de guêter l'éventuelle présence d'un autre PT-boat qui pourrait leur porter secours. Mêlant marche et nage sur une distance de quatre kilomètres, « tantôt en marchant sur des coraux glissants et acérés », il arriva à huit heures du soir. Malheureusement, il n'y avait aucun bateau. Il dut donc rebrousser chemin et rejoindre ses compagnons, manquant de se noyer au retour. Il demanda à un autre membre de l'équipage, George Ross, de renouveler sa tentative le lendemain, ce qu'il fît, hélas, à nouveau sans succès. Ils restèrent trois jours sur cet atoll. Puis ils gagnèrent un autre atoll, l'eau commençant à manquer (John continua à tirer McMahon dans l'eau). L'équipage ne savait pas qu'un garde côte australien, le lieutenant Evans, avait repéré l'épave du PT-109. Plusieurs avions furent mobilisés pour retrouver les naufragés, et des indigènes reçurent l'ordre de partir à leur recherche. Ces derniers repérèrent Kennedy et Ross qui étaient partis explorer un îlot à quatre cent mètres de l'atoll où s'était regroupé l'équipage. Le lendemain soir, plusieurs PT-boats envoyé par Evans vinrent secourir les survivants.

 

  Au cours de cet épisode, Kennedy fit preuve de beaucoup de courage, c'est indéniable, et c'est tout à son honneur. Cependant, sans grande surprise, les éloges démesurés étaient au rendez-vous. La famille impériale, bien entendu, était le chef d'orchestre, notamment grâce à ses relations avec certains journalistes. Pour citer quelques exemples : JFK n'avait gagné le détroit de Ferguson qu'une seule fois ; les communiqués et dépêches multiplièrent ce chiffre par trois. Le lieutenant Evans, sans qui l'équipage aurait erré bien plus longtemps sur l'atoll, ne fut jamais mentionné. Seul Kennedy était mis en avant. On fit également croire que JFK avait aperçu l'Amagiri foncer sur lui, et qu'il avait manœuvré son bateau en position de combat, chose complètement fausse. Cette image de héros militaire fut utilisée à outrance pendant la campagne présidentielle. En réalité, il faut bien le dire, même si JFK fut très courageux une fois le bateau coulé, il n'avait pas su gérer correctement ses hommes en tant que capitaine : avant que le PT-109 ne se fasse éperonné (citons un long passage du livre de Reeves), « deux hommes dormaient et deux autres s'étaient allongés ; la radio n'était pas à son poste, mais en compagnie de John. Un autre membre d'un équipage de PT qui se trouvait sur les lieux a déclaré par la suite : "Lorsque j'ai appris que le 109 était touché, je me suis dit : "Puisque je pouvais voir à quinze cents mètres ou dix-huits cent mètres, pourquoi d'autres ne le pouvaient-ils pas ?" Je n'ai jamais obtenu de réponse satisfaisante. Peut-être étaient-ils assoupis ?" Le capitaine d'un PT qui se trouvait à proximité déclare de son côté : "C'est stupéfiant. On le voyait arriver de très loin. Il se dirigeait presque droit sur le 109. Nous avons dit par radio à Kennedy de regarder à tribord. Le sillage arrivait droit dans sa direction. Pas de réponse. Rien.". »

  Quoiqu'il en soit, le mot "héros" était dès lors marqué à l'encre indélébile sur le front de JFK.

 


Homme politique

  On en a déjà parlé, JFK, dans sa jeunesse, n'était pas attiré par la politique. Il n'a fait que ce que son père lui avait destiné.

  En publique, il semblait être très proche du peuple, ravi de discuter avec les personnes et enchanté par les bains de foule, qui lui permettaient de serrer tout sourire les mains de ses concitoyens. Encore une image opposée à la réalité. Citons une anecdote relatée par Reeves, qui ne peut que faire sourire : « Le journaliste Peter Lisagor accompagna brièvement Kennedy dans sa tournée du Wisconsin. Alors que la voiture du candidat entrait dans le parking d’un supermarché, Lisagor lui demanda : “Vous aimez ces foules et tout ce genre de choses ?” Kennedy se tourna vers lui et lui dit : “J’ai horreur de ça”, avant d’ouvrir la portière pour saluer des électeurs. »

  Cependant, il est vrai qu'il était beaucoup plus "décontracté" que les autres présidents. Parfois, il ne tenait pas compte des règles de sécurité les plus élémentaires. Cela se produisit notamment le matin du jour de son assassinat, alors qu'il se trouvait à Fort Worth (avant de s'envoler pour Dallas). Il approcha la foule de face, attitude particulièrement dangereuse dans le cas où un homme armé s'y serait mêlé. Normalement, le président arrive par une extrémité pour ensuite longer les barrières de sécurité : ainsi, cela permet aux agents du Secret Service de vérifier que les mains des personnes qu'il s'apprête à serrer sont vides.

 

  Si Kennedy n'aima guère siéger au Congrès (en raison de son jeune âge, « on le prenait souvent pour un simple employé, voire (c’est arrivé une fois) pour le garçon d’ascenseur »), il ne cessa jamais de travailler d'arrache-pied. Il réussit par exemple à visiter les trois cent cinquante et une villes et villages du Massachusetts au cours de la campagne de 1952 pour le siège de sénateur, et ce en dépit de sa maladie.

 

  Contrairement à ce que son fils et lui-même ont toujours essayé de nier, Joe Kennedy eut une très forte influence sur John tout au long de sa carrière politique. Reeves rapporte à ce sujet une anecdote sympathique : « Il (Joe) se faisait du souci pour sa santé, le bombardait d’informations et d’opinion, lui recommandait des conseillers…, au point que John confia un jour à Lem Billings (ami de longue date de JFK qui s’investit dans la campagne présidentielle de 1960) : “J’ai l’impression que papa a décidé d’être un ventriloque… je suppose que cela me laisse le rôle de la poupée”. »

 

  On sait que Kennedy était un homme qui vivait au jour le jour ; il évitait le plus possible de se projeter dans le futur. En tant que président, il présentait la même particularité : “Ne nous inquiétons pas de ce qui se passera dans cinq ans (...) Que faisons-nous demain ?”


La crise des missiles de Cuba

  Kennedy fut profondément terrifié pendant la Cuban Missile Crisis. Rappelons tout d'abord les faits : nous sommes en pleine guerre froide. Deux superpuissances s'affrontent : d'un côté les États-Unis, de l'autre l'URSS. Les deux pays possèdent l'arme atomique. Chacun souhaite surpasser l'autre et montrer au monde entier qu'il est le plus fort. Le plus proche allié soviétique des États-Unis (géographiquement) est l'île de Cuba, avec à sa tête Fidel Castro.

  Suite en cours de rédaction.

 

 

Conclusion

  Il y avait deux John Fitzgerald Kennedy. Il y avait l'homme libre, à l'état d'esprit et à la manière de s'exprimer complètement révolutionnaires par rapport aux vieux politiciens. Et puis il y avait l'homme conditionné depuis sa plus tendre enfance par son père à atteindre l'excellence, et plus encore.

  Il y avait l'homme gravement malade, qui dut se battre toute sa vie durant contre la douleur, et qui reçut plusieurs fois les derniers sacrements. Et puis il y avait l'homme plein de dynamisme et de jeunesse, qui, en apportant l'espoir et le renouveau, changerait non seulement le monde de manière radicale, mais aussi l'esprit d'un pays tout entier.

  Il y avait l'homme qui était le premier à militer pour la cause des droits civils. Et puis il y avait l'homme incapable de ressentir des émotions profondes.

  Il y avait l'homme qui incarnait le père de famille par excellence, toujours proche de ses enfants (ce qui était vrai), qui plus est marié à une ravissante jeune femme, elle aussi pleine de vie ; il y avait l'aspect "famille modèle" à entretenir, en particulier par les médias, ce qui représentait une véritable cassure par rapport aux couples présidentiels précédents. Et puis il y avait l'homme aux nombreux adultères.

  John Kennedy est très certainement l'un des hommes les plus difficiles à comprendre. Je ne pense pas qu'une seule personne, hormis sa famille proche bien entendu, puisse connaître l'homme à 100 %. En effet, combien d'enfants naissent dans une famille qui leur inculque depuis toujours le goût de la présidence ?

  Mais, en réalité, JFK n'était en aucun cas une personnalité à part. Il faisait simplement partie des Kennedy, et était comme eux. Ayant comme père un homme complètement instable, à la fois rigoureux et sévère comme aucun autre, et infidèle là encore comme aucun autre, il n'est pas étonnant que lui et ses autres frères n'aient repris le flambeau.

  John Kennedy n'était donc pas un homme attachant (devenir son ami à part entière relevait de l'exploit, encore fallait-il ensuite être accepté par la famille), auquel il était très dangereux de faire confiance, car prêt à tout pour atteindre ses objectifs, quelles qu'en soient les conséquences pour les autres.

  JFK était un formidable acteur, qui arrivait à faire croire qu'il était enthousiasmé par des choses qui, en réalité, l'horripilaient ou l'ennuyaient profondément (comme par exemple serrer les mains de ses électeurs). Il était en publique la personne qu'il n'avait jamais été en privé.

 

  La question que l'on peut dès lors légitimement se poser est la suivante : si John Fitzgerald Kennedy était un homme aussi particulier (dans le mauvais sens du terme), comment se fait-il qu'il demeure encore aujourd'hui, soit près de cinquante ans après sa mort, le plus célèbre des présidents des États-Unis ? Différents éléments peuvent apporter une réponse.

  Premièrement parce qu'il s'efforça toute sa vie de cacher aux yeux du monde ses aspects ô combien négatifs, grâce, notamment, à la fortune de sa famille, ses relations, ou encore la censure de la presse. On arrive donc à un résultat remarquable. Prenez sa description : "homme révolutionnaire, militant pour l'égalité des droits, incarnant le renouveau et le début d'une nouvelle ère ; homme trompant régulièrement sa femme avec des prostituées et ayant grapiller les échelons de manière plus ou moins catholique" (sans mauvais jeu de mots, Kennedy ayant été le premier président américain catholique). Retirez-en à présent la deuxième partie. Vous n'avez dès lors plus qu'une envie : voter pour lui. Et, surtout, vous retenez qu'il est le premier, que c'est lui qui a donné l'ordre au monde d'évoluer.

  De plus, la famille Kennedy, ce clan de pouvoir, de victoire, n'a jamais cessé de fasciner. Chaque année, des dizaines de livres sont publiés.

  On peut aussi supposer que son assassinat ait fortement accru sa popularité. Tous les 22 novembre, des milliers de personnes se rassemblent sur Dealey Plaza pour lui rendre hommage. Une croix a été dessinée à l'endroit même où il reçut la balle mortelle. Des centaines d'ouvrages consacrés exclusivement à son assassinat continuent d'être imprimés. Et puis, surtout, cette fameuse question ne quittera jamais nos cerveaux tant que la vérité ne nous sera pas révélée : qui a tué Kennedy ? Il est vrai que la popularité d'un président augmentera fortement dans le cas où il est abattu (ce fut le cas d'Abraham Lincoln). S'il ne lui arrive rien de particulier, son nom ne marquera pas l'histoire (Gerald Ford, par exemple) Le monde entier est choqué et perpétue sa mémoire pendant des décennies. Kennedy donna son nom au douzième aéroport mondial (JFK, à New York) ; à un porte-avions de l'US Navy (l'USS John F. Kennedy) aujourd'hui retiré du service actif, dont la construction fut entamée onze mois jour pour jour après son assassinat ; au Kennedy Space Center (au Cap Canaveral, qui prit le nom de Cap Kennedy entre 1964 et 1973), un complexe de lancement spatial américain créé en 1959 relevant de la NASA ; mais également à des centaines de rues, avenues et places dans de nombreux pays du globe. Tous ces lieux auraient-ils porté son nom s'il n'avait pas été lâchement abattu en public ? Rien n'est moins sûr.

 


Citations

TIRÉES DU LIVRE DE REEVES :

  • À propos du groupe des prix Nobel de l’hémisphère occidental qui se trouvait devant lui : 

“La réunion la plus extraordinaire de talents, de connaissances humaines, qui ne se soit jamais tenue à la Maison Blanche, sauf peut-être quand Thomas Jefferson dînait seul.”

 

  • En répondant aux républicains belliqueux :

“Je sais qu’il est facile de tenir un langage téméraire, surtout lorsqu’on ne porte pas de responsabilité.”

 

  • En répondant au sénateur Capehart, qui avait exigé que les États-Unis envahissent Cuba

"Ces gens qui se prennent pour des généraux ou des amiraux, qui sont prêts à envoyer à la guerre les fils des autres et qui ont constamment voté contre les instruments de la paix, devraient être renvoyés chez eux par les électeurs et remplacés par des hommes qui comprennent quelque chose au vingt-et-unième siècle." 

 

"Je parle de la paix véritable, de cette sorte de paix qui fait que la vie sur terre vaut d’être vécue, de cette paix qui permet aux hommes et aux nations de grandir, d’espérer et de bâtir une vie meilleure pour leurs enfants, pas seulement la paix pour les Américains, mais la paix pour tous les hommes et les femmes, non seulement la paix pour notre temps, mais la paix pour tous les temps."

 

 

TIRÉES DU SITE EVENE.FR :

 

"Trop souvent nous nous contentons du confort de l'opinion sans faire l'effort de penser."

 

"Quand le pouvoir pousse l’homme à l’arrogance, la poésie lui rappelle la richesse de l’existence. Quand le pouvoir corrompt, la poésie purifie."

 

"On connait une nation aux hommes qu'elle produit, mais aussi à ceux dont elle se souvient et qu'elle honore."

 

"Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale."

 

"Le vrai politique, c’est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions."

 

"Il y a trois choses vraies : Dieu, la sottise humaine et le rire. Puisque les deux premières dépassent notre entendement, nous devons nous arranger au mieux avec la troisième."

 

"Il n’y a que lorsque nous possédons, avec certitude, des armes en quantité suffisante que nous aurons la certitude de ne pas nous en servir."

 

"Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous ; demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays."

 

"Ne négocions jamais avec nos peurs. Mais n’ayons jamais peur de négocier."

 

"L'art de la réussite consiste à savoir s'entourer des meilleurs."

 

"Un homme fait ce qu’il a à faire malgré les conséquences sur sa vie, les obstacles, les dangers et la pression ; c’est la base de toute morale humaine."

 

"La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline."

 

"L'humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l'humanité."

 

"À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes."

 

"Quand il est dur d'avancer, ce sont les durs qui avancent."

 

"Certaines personnes voient les choses comme elles sont et se demandent : pourquoi ? Moi, je vois les choses comme elles pourraient être et je me dis : pourquoi pas ?"


 


J'apprécie énormément vos commentaires. Cependant, dans un simple souci d'organisation du site, si vous souhaitez donner votre avis sur le site en général, préférez le Livre d'or ou contactez-moi.

 

écrire commentaire

Commentaires: 0

  • loading